STUDIO : L’interview du Designer Thomas Feichtner

Thomas Feichtner

Interview avec THOMAS FEICHNTER.

Avec STUDIO, Thomas Feichtner a dessiné un programme de mobilier moderne, destiné avant tout au monde de la création. Nous avons rencontré Thomas Feichtner pour évoquer la place du design sur le lieu de travail, le type de courant créatif qui l’inspire et le métier dont il rêvait enfant.

QUELLE A ETE VOTRE INSPIRATION POUR CREER STUDIO ?
Mes collègues bricolaient souvent eux-mêmes leur mobilier, parce que le marché des meubles de bureau traditionnels ne correspondait pas à leurs attentes. Ce fut mon point de départ. Puis je me suis demandé, tout simplement : « Quel mobilier aimerais-je dans mon bureau ?

QUELLE EST VOTRE CIBLE, LE CLIENT TYPE POUR LEQUEL VOUS AVEZ CONÇU STUDIO ?
Les personnes créatives ne distinguent pas la sphère professionnelle et la sphère privée, travail et temps libre. Ce n’est pas une question d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ; c’est une question de passion pour son métier. Amoureux du design, les créatifs aiment évoluer dans un bel environnement, chez eux comme au bureau. La frontière entre maison et bureau s’amenuise ; on veut se sentir chez soi.

Personnalités

Interview avec EOOS.

EOOS by Elfie Semotan

Les trois designers Martin Bergmann, Gernot Bohmann et Harald Gründl travaillent ensemble depuis 1995. En exclusivité pour Bene, ils répondent à nos questions sur la ligne design FILO qu’ils ont conçue. Et ils nous expliquent comment l’art du tir à l’arc les a inspirés pour créer un mobilier innovant.

QUELLES SONT LES CARACTÉRISTIQUES DE LA TABLE FILO ?
Le piètement est en aluminium coulé sous pression. Il se compose d’un tronc unique qui se divise en larges ramifications pour soutenir le plateau. Cette structure minimaliste offre une très grande portée et un espace optimal pour les jambes.

ET DU SIÈGE FILO ?
L’accoudoir du siège fonctionne comme un arc tendu. A l’endroit le plus fin, l’accoudoir se tend comme un ressort pour former un angle ouvert entre l’assise et le dossier. Aucun mécanisme n’est à l’origine de ce mouvement, l’accoudoir est son propre mécanisme.

QU’EST-CE QUI A INSPIRÉ LA LIGNE FILO ?
Mike Keilhauer a eu l’idée d’un siège facilitant la concentration avec tout ce que cela peut signifier. Nous avons alors fait des recherches sur les rituels de concentration et nous avons trouvé la technique du tir à l’arc. Nous avons ensuite invité un archer japonais à venir nous présenter l’art du Kyudo dans nos ateliers. Nous avons été séduits par la façon de respirer, la technique de concentration et l’unité que forment l’homme et l ’objet. Au moment du tir, nous avions déjà une idée précise du siège.

Personnalités

« Plus on est et plus il y a d’idees. »

AllesWirdGut Architekturbüro

L’agence d’architecture AllesWirdGut oeuvre depuis 1997 avec audace et créativité sans pour autant renoncer à un certain pragmatisme. Les projets réalisés par les deux bureaux de l’agence, à Vienne et à Munich, comprennent des logements et des bureaux, mais aussi le magdas HOTEL, un projet hôtelier caritatif. Herwig Spiegl est cofondateur d’AllesWirdGut et nous a parlé de ses visions, des processus créatifs et de la transformation du ciel.

QU’EST-CE QU’UN PROJET VISIONNAIRE POUR ALLESWIRDGUT ?
HS: Pour nous, un projet est visionnaire lorsqu’une idée parvient à s’imposer même si « ça a toujours été comme ça ».  

UNE MAJORITE DE VOS PROJETS CONCERNE DES ENTREPRISES. UN ESPACE INNOVANT, C’EST UNE GARANTIE DE SUCCES ?
HS: Un espace innovant aide en tous casà penser autrement. Il stimule les sens et l’imagination, et en cela il crée les conditions du succès.  

Un tableau blanc augmenté : Jakob Leitner répond à nos questions

Bene Nice Wall powered by we-inspire

We-inspire, créé en 2013, est un spin-off du « Media Interaction Lab », laboratoire de recherche spécialisé dans l’interaction média de l’École Supérieure autrichienne FH Hagenberg. Bene et We-inspire développent et commercialisent conjointement le Nice Wall, une large cloison interactive pour un travail créatif en équipe.

Auteur/e: Angelika Molk

PearsonLloyd, 117 Drysdale Street, London

Le studio de PearsonLloyd se situe à Shoreditch, un quartier créatif en plein développement au nord-est de Londres. Comment êtes-vous arrivés ici et quels ont été les critères décisifs pour le choix de ce studio ?

Tom Lloyd:
Lorsque nous avons démarré le studio, Luke et moi habitions à l'ouest de Londres. Le déménagement était aussi bien une décision d'ordre financier (nous cherchions des locaux plus abordables) que créatif. Nos premiers locaux se trouvaient dans un entrepôt non chauffé à proximité de Spitalfields Market, qui était encore à l'époque le plus important marché de gros pour les fruits et légumes à Londres. La zone était quelque peu délabrée, mais pleine de vie et d'énergie. Des immeubles commerciaux y avaient été occupés par des artistes et cette communauté nous a attirés ici. Au cours des 16 années qui ont suivi la création du studio, nous avons été dans trois locaux différents, qui se trouvent tous dans un rayon d'environ 1,5 km autour de ce premier bureau. Shoreditch est aujourd'hui une zone peuplée d'entreprises issues du domaine de la mode et du design, et bien que les choses ne soient pas les mêmes qu’en 1997, c'est un lieu formidable pour travailler.

Luke Pearson: Le frère de Tom avait un studio tout proche de la City, le quartier des banques et de la finance de Londres. Le loyer était ridiculement bas. Y prendre de grands locaux bon marché semblait donc une idée formidable. À peine avions-nous emménagé que le terrain voisin s'est transformé en grand chantier. Nous avons alors déménagé à Whitechapel et nous avons finalement acheté notre studio actuel après être passés devant, un jour à vélo. À l'époque, le marché s'était effondré, et cela semblait être une bonne idée, même s'il est entre-temps devenu trop petit à maints égards.


Combien de personnes sont employées ici ? Pouvez-vous décrire l'ambiance du bureau ?

TL:
Le studio compte 14 employés. Les pièces sont un mélange entre un atelier, un espace de réunion et un studio. L'ambiance est très studieuse et il y a en permanence une grande quantité de conversations individuelles. Le design est une affaire de communication, c'est pourquoi nous passons le plus clair de notre temps à discuter avec notre équipe. Nous observons, touchons et travaillons sur les modèles, les dessins et les idées.

Hartmut Esslinger, Los Gatos, Silicon Valley

Hartmut Esslinger est designer. Le fondateur de l’agence de design et stratégie Frog design, dont le siège est à San Francisco et qui possède des bureaux sur tous les continents, travaille depuis 40 ans avec des entreprises telles que Sony, Apple, Louis Vuitton, SAP, Siemens ou Lufthansa. Après avoir été professeur de design industriel (ID2) à l’Université pour les arts appliqués de Vienne, il est devenu depuis 2011 DeTao Master de design stratégique à l’Institut des arts visuels de Shanghai.


Avez-vous une sorte de « poste de travail principal », et si oui, où se trouve-t-il ?
Je travaille volontiers dans mon bureau à domicile, qui est « connecté » selon les critères de la Silicon Valley. À Shanghai, je partage un bureau vitré avec mon équipe d’assistants, avec vue sur les étudiants. En tant que co-PDG de Frog Design, j’ai aussi travaillé au milieu de mon équipe. Ainsi, on peut voir ce qui s’y passe et tout est facile d’accès.


Quelle importance accordez-vous au bureau comme lieu ?
Pour moi, le « bureau » est un espace interactif. Dans le mien, il y a beaucoup de livres, de magazines, de croquis et gadgets, au-delà des Macs, iPads et iPhones. J’aime la technologie intelligente. Je l’aime simplement et, parce que je voyage beaucoup, je range - presque toujours - bien mon bureau. J’aime aussi les meubles de grande qualité, ergonomiques, blancs, les cloisons et espaces blancs ; ils permettent de laisser la pensée s‘évader librement.

Stefan Sagmeister, 23rd Street, Manhattan

Stefan Sagmeister by John Madere

Stefan Sagmeister, graphiste et typographe, est né en 1962 à Bregenz, capitale du land le plus à l'ouest de l'Autriche, Vorarlberg. Il a fait ses études à l'Université d'Arts appliqués de Vienne et au Pratt Institute à New York. Après avoir travaillé à Hong Kong pour l'agence de publicité Leo Burnett, il a fondé en 1993 Sagmeister Inc. à New York. TimeWarner, le musée Guggenheim, Lou Reed, les Rolling Stones ou Zumtobel comptent parmi sa clientèle. Entre autres récompenses, il a été primé par un Grammy pour le design de l'album « Once In A Lifetime » des Talking Heads.


Avez-vous une sorte de « poste de travail principal » – et si oui, où se trouve-t-il ?
Sagmeister : Oui, j'en ai un. C'est à Manhattan, dans la 23e rue.


Préférez-vous travailler toujours sur le même lieu ou changez-vous de « scène » ?
Sagmeister : J'ai un seul poste de travail, mais je voyage beaucoup, en moyenne je fais une cinquantaine voyages à l'étranger chaque année. Je travaille donc également dans les chambres d'hôtels et dans les avions. Ce que j'aimerais serait de réfléchir dans le train. Le paysage passant me donne les meilleures idées, mais aux États-Unis je n'ai que rarement cette occasion.

Auteur/e: Moritz Bentele

Manfred Bene, Schwarzwiesenstraße 3, Waidhofen an der Ybbs, Autriche

Manfred Bene

Manfred Bene est né en 1941 à Waidhofen/Ybbs dans l'État fédéré autrichien de la Basse-Autriche. Après une formation professionnelle dans le travail du bois et la technique du bois à Hallstatt (en Haute-Autriche) et à Mödling (en Basse-Autriche), c’est en 1961 qu’il intègre l'entreprise de ses parents. Il travaille tout d'abord comme technicien d'usine. En 1970, il reprend la direction de l'entreprise, en 2004 la présidence du Comité directeur. Depuis 2006, Manfred Bene est le directeur du Comité d'administration de Bene. Il guide l'entreprise au succès international et l'établie dans les domaines de l'architecture et du design : en coopération avec des architectes et des designers importants dans le monde entier, Bene développe des mondes de bureaux et de travail. L'entreprise crée ainsi une nouvelle qualité de l'espace vital du bureau.


Monsieur Bene, supposons que vous vous aménagiez aujourd'hui un bureau dans votre entreprise. Comment serait-il ? Ressemblerait-il à votre actuel bureau, c’est-à-dire un bureau individuel ou plutôt un espace ouvert ?
Je suis certainement ouvert pour chaque forme d'aménagement de bureaux. Dans le cas présent, il n'y a que des possibilités très limitées, parce que l'immeuble a la forme d'un bateau, dans lequel mon bureau se trouve à l'avant. Il y existe une seule cloison, et tout autour il y a 80 % de surface de fenêtres. C'est un espace qu'on ne peut pas réellement aménager.


Avez-vous dans votre bureau un meuble auquel vous appréciez en particulier ?
C'est la table de réunion. Quand j'y ai emménagé il y a 23 ans, j'avais – comme tous les managers – un plan de travail grand et gros, et une armoire à côté. À l'autre bout de la pièce se trouvait la table de réunion.

Auteur/e: Nicole Kolisch

Verena Formanek, Saadiyat Island, Abu Dhabi

Née à Innsbruck, la capitale de l'État fédéré autrichien du Tyrol, Verena Formanek a fait ses études à l'Université d'arts appliqués à Vienne. Elle a travaillé comme artiste indépendante et était cofondatrice de la galerie d'art V&V à Vienne (ensemble avec Veronika Schwarzinger). En 1989, elle a changé de poste au MAK (musée des arts appliqués) à Vienne où elle a travaillé comme responsable de la communication, du design et des expositions. Elle y a établi la nouvelle formation de la collection exposée en permanence des artistes internationaux (Donald Judd, Jenny Holzer, etc.). À partir de 1993, elle est devenue directrice suppléante de Peter Noever. La prochaine étape de sa carrière fut la collection d'objets d'art renommée Fondation Beyeler à Bâle en Suisse (en 1997 inauguration du nouvel immeuble du musée par Renzo Piano), où elle a occupé le poste de directrice artistique suppléante de 1996 à 2004. Elle a établi et développé des coopérations internationales avec les musées les plus importants au niveau mondial, tels que le MoMA ou le Guggenheim à New York, le Centre Pompidou ou le Musée Picasso à Paris, le Tate Modern à Londres ou le Kunsthistorisches Museum (musée de l'histoire de l'art) à Vienne. Par la suite, Verena Formanek est retournée à Zurich pour reprendre, de 2006 à 2009, la direction des collections au Museum für Gestaltung (musée pour la conception). Sciences, recherche et enseignement à Bâle, à Zurich en Suisse et à Linz en Autriche. De nombreuses publications portent son nom, la dernière en date Every Thing Design (Édition Hatje Cantz). En préparation : une documentation de l'œuvre du designer suisse Hannes Wettstein (Édition Lars Müller). Depuis 2010, Verena Formanek est Senior Project Manager pour la nouvelle fondation du musée Guggenheim Abu Dhabi. L'inauguration est prévue pour 2014, Frank Gehry en est l’architecte. Verena Formanek habite à Zurich, à Vienne et à Abu Dhabi.


Lorsque l’on est toujours en déplacement et que l’on fait la navette, non seulement entre villes, mais entre continents, y-a-t-il quelque chose comme un « poste de travail principal » ? Et, s'il y en a, où est-il ?
En fait, mon poste de travail principal est dans ma tête, ou pour être plus précise dans l'ordinateur. Je suis toujours en déplacement, mais presque toujours connectée en ligne. D'une certaine manière, il y a comme une manie ou une dépendance. Du point de vue du design, je suis plutôt le type de personne qui a besoin d’un poste de travail flexible. Bon, j’ai finalement perdu l'habitude de me réveiller de bon matin avec le BlackBerry et de répondre en pleine nuit en permanence aux e-mails de mes collègues américains. Cela a quelque chose à voir avec le décalage horaire et aussi en quelque sorte avec le fait qu’aujourd’hui la vitesse domine toute activité... Et 'dominer' est le bon terme pour cela ! Je préfère avoir mon bureau à la maison, c'est-à-dire partout – à Vienne, à Bâle, à Zurich ou à Paris, mon lieu de retrait et mon havre de détente. Peu importe où je suis, en principe j'aménage toujours mon poste de travail de la même façon. Très simple avec beaucoup de livres.