Coéquipier recherché - urgemment!
L'information doit être constamment communiquée, sinon la productivité d'une entreprise est bloquée. Bon, d'accord, ça c'est connu. C'est ainsi que la « communication formelle » est née, permettant l'organisation et planification des réunions et conférences. Mais avant, après et entre-temps ils se passent aussi beaucoup de choses - de très haute importance.Elle savait à l'avance ce qui allait se passer aujourd'hui. Disposées avec une exactitude presque militaire, les bouteilles d'eau minérale trônaient sur la table de conférence. Avec toujours la même exactitude, on pouvait déjà prévoir les résultats à l'issu de cette séance du comité de direction. La conversation d'hier avec M. dans l'ascenseur n'a duré que le temps de monter 4 étages, mais comprenait toutes les informations essentielles.
"Ça prend des airs de surface de sports de combat", pensait-elle spontanément. Dans quelques minutes, les protagonistes monteraient sur le ring. Elle était confiante.
Qu'est ce qui se passe ?
C'est bien intéressant, le truc de la communication. Ou connaîtriez-vous un autre domaine qui soit objet observé et outil d'analyse tout à la fois ? Où on analyse ce qu'on analyse avec ce qu'on analyse ??!! Pardon - nous ne devrions pas compliquer autant la chose. Occupons-nous plutôt de la partie du sujet qui nous préoccupe suffisamment comme ça - dans la vie privée ou professionnelle - sans nous pencher sur les idées philosophiques : le très souvent cité « problème
de communication ».
Restons dans le cadre de la « communication d'entreprise » : de plus en plus d'hommes et de femmes se plaignent d'un excédent d'information ou de fausse information, même plus de manque d'information. C'est effectivement un problème qui peut affecter l'activité et l'essence même de l'entreprise.
Mais comme nous sommes des « communicateurs » dans chaque fibre de notre nature, nous cherchons des solutions au problème. Ce que ne permet pas la communication formelle dans les entreprises, est rendu depuis bien longtemps possible par une autre forme de communication. L'échange informel, souvent très spontané, qui marque notre vie quotidienne, maintenant et finalement trouve sa place et sa valeur également au bureau. Sur ce point, c'est un réel progrès : la communication formelle et informelle se voient accorder le même niveau d'importance - base pour la gestion moderne des connaissances.
La communication formelle - réglementée et structurée
À vrai dire, ce n’est pas grande chose : la communication formelle définit juste les Qui, Quoi, Quand, Où et Comment. Un ordre du jour fixé par avance dirige la rencontre vers les résultats recherchés. Il faut prendre en compte les hiérarchies dans le groupe. Il n'y a guère de temps à perdre pour s'éloigner du sujet. On ne peut le contester, la communication formelle a sa valeur propre. Elle est indispensable. Et cela même s'il est difficile pour les libres penseurs de l'accepter : c'est dans le cadre de cette communication formelle que les décisions et les distributions des tâches deviennent officielles, définitives et écrites. C'est ici que les points de vue sont éclaircis, les objectifs formulés et les compromis trouvés. On n'organise pas seulement chaque jour de part la communication formelle, on conçoit également le futur.
Un spectacle sur une scène parfaite
Bien évidemment, chacun est conscient que cela n'est que la partie visible de l'iceberg. Qu'en dehors des déclarations publiques, il se déroule un échange très varié entre les collaborateurs. Qui n'aurait eu l'impression - ou plutôt la certitude - pendant une réunion dite formelle que c'était qu'il ne s'agissait en fait que d'un spectacle bien répété ? Les discussions et les désaccords donnent l'impression d'être placés de façon stratégique, les volées d'argumentations amènent finalement - comme par magie - les collaborateurs vers des résultats qui étaient prévisibles. Il est très rarement question de véritables émotions.
Les salles classiques de conférences et de réunions offrent une scène parfaite aux acteurs. Elles sont les arènes modernes conçues pour les luttes subtiles pour le pouvoir, ainsi que pour les spectateurs. Au-delà des accords professionnels, les positions se manifestent, se consolident, se démontent et sont régulièrement mises à l'épreuve.
La communication informelle - la répétition pour le grand spectacle
Mais, si tout cela n'est qu'un grand spectacle, le scénario, où s'écrit-il; la répétition, où se passe-t-elle ? Quelque part entre deux portes, dans l'ascenseur, dans la cuisinette ou après la fermeture officielle des bureaux il se passe un échange suivant des règles totalement différentes. Ici, les hiérarchies importent peu; les relations privées, les préférences personnelles, les intérêts et les goûts forment de nouveaux groupes de personnes, traversant tous les
départements et toutes les hiérarchies.
L'inattendu : les structures informelles dans une entreprise sont souvent plus importantes que celles formelles, même si celles-ci ne sont pas toujours visibles. Les relations personnelles entre les collaborateurs influencent les processus de travail souvent plus fortement qu'on ne le penserait. Une entreprise en bonne forme ne peut se passer ni de l'un ni de l'autre.
De la valeur ajoutée grâce à l'interconnexion
En ce moment, le monde est en pleine transformation structurelle, à la suite de laquelle la société de la connaissance aura relayé l'ère industrielle. Les connaissances sont déjà devenues le facteur de productivité le plus important. Mais seule l'information n'a pas de valeur explicite. Il faut l'interconnecter afin d'en faire une connaissance. La création de valeurs a besoin pour cela de mettre les informations en relation les unes avec les autres et de produire de la valeur ajoutée à travers ces relations.
L'expérience révèle - et il ne s'agit pas là d'une révélation - que la connaissance ne peut être utilisée par n'importe qui. L'homme comme processeur essentiel est perçu chaque fois plus fortement dans son interconnexion sociale. Ses connaissances - son potentiel d'informations utilisées - est le résultat de la communication et de l'expérience.
L'homme a donc besoin d'au moins deux niveaux pour interagir dans ses réseaux et pour transformer les informations en connaissance : ce sont d'une part les formes de communication numériques, garantissant l'approvisionnement d'informations sans limites; et d'autre part les lieux des rencontres réelles, dédiés à la communication interactive et à l'interconnexion sociale des connaissances.
Caméos bienvenus
Par conséquent, l'attention est maintenant davantage fixée sur les zones de communication informelle dans les bureaux. Ces dernières ont le pouvoir de stimuler l'échange, d'agir de manière émotionnelle contre la densification toujours plus forte des postes de travail, de transmettre une certaine estime aux collaborateurs - et de leurs permettre de s'identifier avec l'entreprise.
Et si on réussit de plus à placer ces lieux de manière stratégique de façon à ce que les rencontres deviennent inéluctables, l'entreprise créé l'ambiance parfaite pour les interconnexions « analogues ». Et profite de la chance d'agir en tant que metteur en scène d'un spectacle plus complexe, dans le cadre duquel les spectateurs sont également invités à des caméos.
Brigitte Schedl-Richter / Nicole Schemerl-Streben




