Mobilier de bureau Bene
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Manfred Bene, Schwarzwiesenstraße 3
30. Aôut 2011

Manfred Bene, Schwarzwiesenstraße 3, Waidhofen an der Ybbs, Autriche

Des mondes de travail et du quotidien dans l'air du temps. Lors de nos entretiens avec des contemporains, nous examinons les affirmations, les clichés ou les idéaux qui circulent autour des lieux de travail. On conçoit aisément que pour une personne comme Manfred Bene, qui a grandi au sein de l'entreprise de mobilier de bureau familiale, le bureau joue un rôle particulier dans sa vie. Il est entrepreneur dans l'âme et il nous impressionne avec toute cette « passion et cette imagination » qu'il a développé et avec lesquelles il a réalisé ses idées. À l'occasion de son soixante-dixième anniversaire et de son jubilé au sein de l'entreprise, Nicole Kolisch et Désirée Schellerer ont invité Manfred Bene pour une interview.

Manfred Bene est né en 1941 à Waidhofen/Ybbs dans l'État fédéré autrichien de la Basse-Autriche. Après une formation professionnelle dans le travail du bois et la technique du bois à Hallstatt (en Haute-Autriche) et à Mödling (en Basse-Autriche), c’est en 1961 qu’il intègre l'entreprise de ses parents. Il travaille tout d'abord comme technicien d'usine. En 1970, il reprend la direction de l'entreprise, en 2004 la présidence du Comité directeur. Depuis 2006, Manfred Bene est le directeur du Comité d'administration de Bene. Il guide l'entreprise au succès international et l'établie dans les domaines de l'architecture et du design : en coopération avec des architectes et des designers importants dans le monde entier, Bene développe des mondes de bureaux et de travail. L'entreprise crée ainsi une nouvelle qualité de l'espace vital du bureau.

Monsieur Bene, supposons que vous vous aménagiez aujourd'hui un bureau dans votre entreprise. Comment serait-il ? Ressemblerait-il à votre actuel bureau, c’est-à-dire un bureau individuel ou plutôt un espace ouvert ?


Je suis certainement ouvert pour chaque forme d'aménagement de bureaux. Dans le cas présent, il n'y a que des possibilités très limitées, parce que l'immeuble a la forme d'un bateau, dans lequel mon bureau se trouve à l'avant. Il y existe une seule cloison, et tout autour il y a 80 % de surface de fenêtres. C'est un espace qu'on ne peut pas réellement aménager.

Avez-vous dans votre bureau un meuble auquel vous appréciez en particulier ?


C'est la table de réunion. Quand j'y ai emménagé il y a 23 ans, j'avais – comme tous les managers – un plan de travail grand et gros, et une armoire à côté. À l'autre bout de la pièce se trouvait la table de réunion.

Comme j'ai passé pratiquement deux tiers de ma vie à passer des entretiens, je trouvais cela, à vrai dire, très peu pratique. Toujours se lever, prendre tous les documents, se déplacer, s'asseoir de nouveau... C'est la raison pour laquelle j'ai développé la table carrée. Cette dernière peut faire office de table de réunion et de plan de travail en même temps. À cette époque-là, il n'y avait pas de tables dans ce format. C'était en 1988.

J'ai jeté tout ce qui se trouvait dans mon bureau et n’ai conservé que ma table carrée. Sur l'un des côtés se trouve mon poste de travail. Tout autour de la table, il y a six chaises, et c’est ici qu’ont lieux les réunions. Grâce à la dimension de la table, six personnes peuvent s'y asseoir confortablement. Mais elle n'est pas aussi grande que les tables de conférence. On peut passer quelque chose à l'autre bout de la table, on peut se montrer des images les uns les autres, on peut parler et communiquer sans problèmes. C'était le développement le plus important concernant le sujet « le propre bureau ». Aujourd'hui, nous vendons probablement la majorité de nos tables de direction dans les dimensions 160x160 cm, et non plus dans le format traditionnel de 250x100 cm.

Est-ce que vous pensez que votre bureau en dit long sur vous ? Et, souhaiteriez-vous nous dire quelque chose sur votre personne à travers votre bureau ?


Bon, c'est quand même le chaos dans mon bureau...
On m'envoie des cartes, des informations, des brochures, etc. Je les regarde et les dépose, jusqu'à ce que je sois entouré de piles de papier.

Mon poste de travail est rempli de choses : des catalogues de la concurrence, un cadeau de notre partenaire japonais. Derrière se trouve une autre armoire, également dérangée. Et derrière cette armoire, il y a quelques vielles mallettes, un cheval à bascule et d'autres objets dans le même style. Mon bureau n'est pas du tout exemplaire ou typique. De cela on peut déduire que les détails administratifs ne m'ont jamais intéressé.

Bon, pas l'administration. Mais quelle est votre activité préférée en rapport avec le travail ?


Avant mon activité préférée était de créer un produit ou de le développer ensemble avec un designer, et de le vendre ensuite. Bien sûr, j’ai touché un peu à toutes les activités quand je suis arrivé dans l’entreprise. Du contrôle de gestion, jusqu'à la comptabilité, en passant par la préparation à la fabrication. Ma devise, et celle de toute l'entreprise Bene, c'est pourtant « imagination et passion ». Et ma passion a toujours été consacrée au développement, à l'entretien relationnel avec les vendeurs, clients et architectes.

À quoi ressemble votre quotidien au bureau ?


Le développement, c'est non seulement le design, mais également la création de produits adaptés au marché, mais 10 % plus sophistiqués que ceux que l'on trouve actuellement sur le marché. C’est de cette façon que les produits peuvent se démarquer. C'est pourquoi nous nous sommes décidés il y a longtemps à établir nos propres sites de vente. On ne peut présenter convenablement des produits qu'en les montrant. Ainsi les clients peuvent vraiment comprendre ce que l'on vend. Mais cela signifie également qu'il faut rester authentique, qu'il faut vivre ce que nous vendons, qu'il faut être ce que nous créons et ce que nous voulons transmettre aux clients.

En fin de compte, tout cela est, pour moi, le processus de développement. Quand on développe, il y a beaucoup de facteurs parallèles : les coûts, le matériau, la fabrication, la compétitivité, la commercialisation. Le design, est-il toujours loin, ou constitue-t-il la prochaine étape du développement ? Est-ce qu'il est une offre progressiste, mais également acceptable pour le marché ? Les clients peuvent-ils arriver à saisir le produit ?


Par conséquent, l'image de marque est très importante pour Bene. Le degré de notoriété et la force de la marque donne de la sécurité aux vendeurs et aux clients. Dans la plupart des cas, le client n'est pas un spécialiste d'aménagement. Il se trouve sur un terrain inconnu, mais il doit prendre des décisions d'achat. Souvent il ne sait pas ce qu'il veut. Il est donc du devoir de l'équipe de vente de pouvoir permettre au client d'imaginer son bureau.

Je me suis souvent demandée comment cela doit être pour vous quand vous travaillez dans votre bureau et voyez passer en permanence les camions avec les conteneurs qui portent le logo de Bene – votre propre nom ...

Moi, je le vois différemment. Premièrement, je ne regarde pas le paysage. Deuxièmement, c’est un pur hasard que je porte le même nom que l’entreprise. Je ne me suis jamais considéré comme son propriétaire. J'ai toujours essayé de me comporter comme un manager. Je savais toujours que je représentais l'autorité compétente. Mais je ne l'ai jamais rabâché. Je faisais toujours des efforts pour gérer et développer l'entreprise en équipe. Le fait que je m'appelle comme l'entreprise, c'était une idée du département Marketing.

Avez-vous un office à domicile ?


Non. J'ai l'avantage de ne vivre qu'à quatre minutes de mon bureau.

Est-ce que vous allez chaque jour au bureau ?


Souvent. J'aime être dans l'entreprise. Je ne me mêle jamais de ce qui se passe, je ne le ferais jamais. Mais on me considère comme une sorte de monument culturel.
Et ce que je pourrais toujours faire c'est de rendre durable l'attitude de l'entreprise envers la créativité – juste selon ma devise « imagination et passion ». La plupart des collaborateurs ont déjà absorbés cette gravure, cette conscience : nous sommes quelque chose de particulier et nous devons faire quelque chose de meilleur.

Vous avez passé tellement de temps dans des bureaux... Pourriez-vous nous révéler une expérience décoiffante dans ou avec un bureau ?


Il y a eu des expériences positives et négatives. Une expérience dans les années 70 en Hollande m’a cependant particulièrement marqué : la visite de l'immeuble administratif de l'assurance Centraal Beheer à Apeldoorn, de l'architecte Herman Hertzberger. Un immeuble de bureaux pour 2 000 personnes, structuré et divisé en zones avec une bonne vue d'ensemble, mais complètement ouvert. Il n'y avait aucune porte ou barrière dans l'espace tout entier. À l'époque, cela transmettait un très haut degré de liberté de pensées, aussi concernant la façon de traiter et de considérer les personnes.

Ce qui fut encore plus particulier : la direction a suggéré aux collaborateurs de décorer leurs petites zones de travail selon leur goût. Dans les départements où travaillaient des femmes, on voyait une décoration très belle, détaillée, passionnée, positive jusqu'à la petite cage à oiseaux, avec des plantes, etc. Dans les départements où travaillaient les hommes, tout était resté tel quel, comme on l'avait fait en usine.

La capacité d'aménager l'environnement était beaucoup plus développée chez les femmes que chez les hommes. C'était sûrement une expérience décoiffante. C’est pour cela que je voulais absolument avoir une femme comme membre au sein du Comité administratif, mais ce n'était pas du tout facile à réaliser.

Existe-t-il un outil important pour votre travail ?


Juste parce que je ne suis pas une personne faite pour l'administration, je dois être particulièrement discipliné. Mon outil le plus important est donc mon agenda, avec toutes les listes des directions. J'y note ce que je dois faire chaque jour. Et je le raie quand il est accompli. Et si je n'ai pas pu le faire le jour voulu, je dois le noter encore une fois pour une date ultérieure... Très simple, mais essentiel pour moi. J'oublierais tout sans mon agenda. Mais il n'est pas un outil. Il est un moyen de travail, tout traditionnel et analogue. Et cela a un avantage : je l'ouvre et je vois d'un seul coup d'œil si un rendez-vous est possible ou non. Les autres doivent pianoter sur l'ordinateur et ouvrir différents logiciels...

Y-a-t-il des rituels au bureau qui vous sont essentiels ?


Le seul rituel s'est formé il y a 30 ans. Et je ne sais pas pourquoi. Quelqu'un a supposé que j'avais besoin d'un café le matin. Et depuis ce moment-là, notre serveuse vient m'apporter un double café express avec un verre d'eau fraîche, jamais plus tard que sept minutes après que je sois arrivé dans mon bureau. C'est vraiment une sorte de cérémonie. On m'apporte mon café à mon bureau.

Et toujours un double café express ?


Oui, toujours. Un petit luxe. C'est la seule explication qui me vient à l'esprit.

Merci beaucoup pour l'entretien.


Mobilier De Bureau Bene.