Orgatec 2006
Mission accomplie : soulagement général dans le secteur de l'ameublement de bureau. L’Orgatec, qui est le plus grand salon européen dédié à l’aménagement de bureau, a fermé ses portes à Cologne. Du 24 au 28 octobre 2006, près de 700 entreprises venant de 40 pays, ont présenté leurs nouveautés au public intéressé. Un bilan plus que positif ! L’augmentation de la fréquentation (+ 5 % par rapport à l’édition précédente, soit au total 57 200 visiteurs représentant 122 nations) vient confirmer la reprise succédant à quelques années difficiles.Pour les exposants, il s’agit d’une période délirante recommençant tous les deux ans, quelques mois à peine après la fermeture du salon : concepteurs, stylistes, chercheurs et techniciens se penchent sur de nouvelles idées et conceptions, puis c’est au tour de la production de s'atteler à la tâche pour que tous les produits soient fin prêts pour le sacro-saint rendez-vous. Bien entendu, il faut également planifier des mois à l’avance la présentation optimale des nouveaux produits, les spécialistes de marketing étant eux aussi en plein boom et constituant l’avant-garde de la communication précédant le compte à rebours final : tous ont le même objectif – les fameux cinq jours du salon pendant lesquels tout doit marcher comme sur des roulettes. Les commerciaux mettent donc leurs plus beaux atours et se lancent dans le marathon du salon. Chacun veut se présenter sous son plus beau jour et jouer de sa séduction. La concurrence est d’autant plus acharnée que tous les deux ans, il n’est guère facile de révolutionner les thèmes présentés.
Quels étaient donc les thèmes de l'Orgatec 2006 ?
Open Space est certainement la principale orientation lancée par les créateurs de tendances dans l’aménagement de bureau : des espaces ouverts et communicatifs permettant simultanément de se retirer et de s'isoler. Bene appelle cette nouvelle forme de bureau « Open Office » : une alternance d'espaces de travail densifiés et de zones libres dotées de pavillons et de bureaux à cloisons offrant une protection visuelle et acoustique spécifique au centre d’un bureau paysager très vivant. De type « espace dans l’espace », ces solutions génèrent par leur design une nouvelle identité : « cellules de réflexion » favorisant la concentration ou lieux de communication pour brainstorming ou réunions.
Le backoffice voit les tables individuelles disparaître au profit de groupements fonctionnels : plateau de table, cloisons et rangements se fondent en un tout générant l’espace. Il semble bien que Bene ait réussi cette gageure de façon magistrale – ce dont nous ne sommes pas peu fiers ! Le backoffice était dominé par les workbenches, autrement dit des plans de travail accueillant plusieurs collaborateurs, présentés à pratiquement chaque stand. Leur design est souvent très attractif, mais leur intégration dans un espace défini laisse parfois à désirer. Un must : la gestion des câbles, voire l'intégration complète des médias. Certains s’en sont d’ailleurs donné à cœur joie…
L’Open Space générant bien entendu un niveau de bruit élevé, l'acoustique était un thème incontournable. Le fabricant de textiles Kvadrat a présenté des panneaux tendus de tissu. Le montage spécifique assure un effet d’insonorisation – voilà un bel exemple d’architecture textile, à la fois décorative et pratique.
Le nombre de solutions d’intégration des médias proposées était impressionnant, notamment en comparaison avec l’Orgatec 2004. Pratiquement chaque stand permettait d’ailleurs de visualiser une présentation sur écran plat, l’intégration des médias à titre d’élément décoratif et dynamique ayant submergé le salon tel un raz de marée. Aujourd’hui, le standard se doit d’englober l’équipement suivant : éléments avec écrans de projection télescopiques ou écrans plats. Vidéoprojecteurs logés dans des tiroirs et se mettant automatiquement en place. Haut-parleurs pour vidéoprojecteurs encastrés dans les plateaux de table ainsi que gestion des câbles et haut-parleurs de type plug&play. Systèmes de conférence avec écran plat télescopique à chaque place venant compléter connexions au réseau et à l'alimentation électrique. Les stylistes ont pu donner libre cours à leur imagination – on a même pu voir un écran plat télescopique avec cascade d’eau… Un clin d’œil ludique bien sûr, mais tout fonctionnait !
Côté finitions et matériaux, tout semble permis, comme dans la mode – mais certaines tendances s’affirment : dans le haut de gamme, les bois exotiques reviennent en force. Après toutes les années dominées par les essences claires (hêtre, bouleau et érable), voici un changement appréciable redonnant une nouvelle vie aux plateaux de table et aux portes d’armoires : ébène de macassar et zébrano sont les plus courants, mais on trouve aussi bois de tineo, olivier, palissandre et noyer de Nouvelle-Guinée. Tous ont en commun une veinure prononcée, se présentant généralement sous forme de raies.
Autre tendance remarquée : la netteté des contrastes, dominés par les combinaisons de noir et blanc, notamment avec finition mate. La gamme GOS de Gubi est entièrement déclinée en soft coating noir, une finition en laque gommée mate au toucher particulier. Quelques stands plus loin, l'attention du public se focalisait sur un ensemble conférence avec plateau en verre acrylique blanc.
La tendance au noir et blanc a également investi les tissus d'ameublement, notamment Prince de Kvadrat. Les créations de Walter Knoll comprenaient elles aussi de belles harmonies en noir et blanc.
La déclinaison luxueuse d’un siège de bureau pivotant griffé Interstuhl a été très remarquée. La version basique de Silver appartient déjà au haut de gamme, mais Hadi Teherani l’a revisitée pour l’Orgatec et habillée de matières rares : or, argent et soie de Perse. Le siège vous coûtera la bagatelle de 50 000 €.
En résumé, l’Orgatec a comme à l’accoutumée proposé une excellente vision globale et concentrée de l'offre internationale, le programme parallèle du salon étant lui aussi très informatif. Il s’est révélé être un remarquable Meet & Greet – et est indéniablement la principale manifestation du secteur en Europe.
Nicole Schemerl-Streben





