Article de: Hajo Eickhoff

Tendances

L’invention du bureau : Les formes de bureau du 20ème siècle

Le travail au bureau, c'est rendre la mémoire humaine plus claire. Ce que les employés ne peuvent pas garder en mémoire, il faut le conserver dans des supports de données. C'est la raison d'être de la reproduction et de la conservation de l'information. Ce travail sert à ranger et à classer, à justifier et à retrouver les activités passées. En résumé – il faut rester informé, toujours. Les commandes, la correspondance, les embauches, les licenciements et les chiffres d'affaires, les bénéfices et les opérations bancaires, les bilans annuels et les perspectives, tout cela doit rester accessible et exige donc des systèmes de données systématiques et vastes. Au début du 20ème siècle, on avait inventé les classeurs, les fiches bristol, les cartes perforées, suivis des disquettes, des disques durs, des disques compacts et des mémoires flash, qui constituent le point culminant de la passion de la sauvegarde.
 

La passion d'arranger

Si les espaces sont conçus de manière réfléchie, leur ordre dépend toujours des activités et des fonctions pour lesquelles ils sont prévus. Les multiples petits bureaux au sein de l'administration industrielle sont l'exemple même de la division de travail utilisée pour la fabrication effective ainsi que pour la différentiation des activités de sauvegarde des informations qui en découlent.

Les bureaux de ce type représentent l'ordre même au bureau au début du 20ème siècle ; avec leur arsenal de différents outils, machines et médias, tels que les classeurs, les cartes perforées, le téléphone, le dictaphone et la machine à écrire, mais aussi le plan de travail et la chaise. Grâce à eux, l'administration dispose d'une structure claire. Ils permettent un travail intensif dans de petites pièces.

Auteur/e: Hajo Eickhoff

Tendances

L’invention du bureau : Le bureau, un lieu affairé

Le développement du commerce, de l’artisanat et de l’apprentissage durant la Renaissance franchit une première étape dont le fondement est la technique. Lors de l’industrialisation, celle-ci atteint son expression définitive, caractérisée par des usines, des grandes villes et une vision du monde mécanique. Comme moteurs de cette progression, la rationalité et le besoin de liberté des hommes.
 

Naissance du bureau moderne : Dans la manufacture

Les manufactures sont des ateliers d’artisanat agrandis, caractérisés par la spécialisation, la division du travail et la fabrication en série. Le travail en manufacture est caractérisé par l’utilisation de machines. Cette nouvelle forme de fabrication différencie aussi le travail de bureau, puisque les domaines d'activité divers comme la planification, la correspondance et la vente y sont réunis. Puisque les processus de production rapides demandent un niveau élevé de technique et d‘organisation, ce sont tout d’abord la taille et la structure du bureau qu’il faut transformer. Si, jusque là, l’établi suffisait comme lieu de planification et de développement, les différentes activités du bureau sont à présent exercées dans un espace spécifique. Cet endroit s’appelle le bureau de manufacture, embryon du bureau moderne.
 

De la manufacture à l’industrie

Du travail de manufacture à la production en usine, le bureau connaît un essor rapide car la mécanisation et le raffinement des processus de travail accompagnent la division des activités bureautiques.
 

Créations d’entreprises

L’industrie débute avec l’introduction de la machine à vapeur, qui rend le processus de travail mécanique. Les processus industriels sont des types de fabrication rationnalisés de la fabrication en masse, internationalisant le commerce et faisant naître de nouveaux métiers, des besoins inédits et de nouvelles classes de marchandises.

Auteur/e: Hajo Eickhoff

L’invention du bureau : La vie et le travail durant le siècle des Lumières

Writing table / Bureau plat

C’est dans les bureaux (Kontore), scriptoria et chancelleries du 18ème siècle, à l’époque des Lumières, que se sont développées les idées d’un type de pièce unique qui ne sera réalisé qu’à l’ère de l’industrialisation. Certes, les pièces sont aménagées selon des fonctions bureautiques, mais ne sont pas encore dédiées spécialement au travail de bureau. Mais le bureau devient un endroit important de la créativité et sert à la rationalisation, à la création et au développement de différents types de travail.

L’époque des Lumières représente le point culminant de la science et des manufactures. Cela représente une étape entre l'artisanat et l'industrie, dans laquelle l’activité organisée et administrée augmente. L’activité du bureau ne reste pas longtemps cantonnée au commerce, mais devient une part du travail pratique et scientifique. Classer, archiver, correspondre et administrer accompagne le commerce, mais aussi la production, l’administration étatique et la formation. Cela demande, en plus du savoir-faire artisanal, la lecture et l'écriture, la pensée et le calcul logiques. Les commerces, les administrations, les usines, les écoles, et les universités s’équipent de bureaux qui s’appellent toujours des bureaux (Kontore) et chancelleries, mais se différencient en étude, chambre d’affaires et secrétariat.

L’homme éclairé croit qu’il peut se défaire des contes, des mythes et de la religion à travers l’aménagement du monde professionnel et se reposer uniquement sur la raison – par raisonnable, il entend l’action systématique et méthodique. Pour l’exercice et la maîtrise du travail de bureau, l’homme doit apprendre à se concentrer sur des processus intellectuels. Une capacité qu’il acquiert à l’école et durant l’exercice du métier.
 

Le travail comme apprentissage et devenir de l‘homme

Tout ce qui touche au siècle des Lumières devient éclairé et s’élève. Le travail est valorisé et s’oppose à l'aristocratie déterminée par la naissance. Le travail acquiert une nouvelle valeur. Si, pendant l’Antiquité, il est considéré comme une activité moindre, et durant le Moyen-âge, comme une peine et une contrainte, le siècle des Lumières voit dans le travail un moyen d’évolution de l’homme et d’émancipation du citoyen. Au 18ème siècle, elle octroie à la citoyenneté l’élévation vers une classe dominante et fait du travail un principe de formation. Etant donné que le travail est productif grâce à l’ordre et l’archivage, celui-ci profite d’une estime élevée.

Auteur/e: Hajo Eickhoff

L’invention du bureau : Table, livre et scriptorium

svair/aboutpixel.de

Des entreprises sont dirigées, des décisions politiques sont prises, des innovations scientifiques sont développées et des processus globaux sont poursuivis, à partir de bureaux. Aussi, des espaces de travail comme les cabinets médicaux et les salles de professeurs, ou des espaces comme des foyers, des avions ou des cafés se transforment en bureaux.
Mais de quelle manière le bureau est-il né ? Comment a-t-il été créé et comment s’est-il développé ?
 

Le monastère

L'origine du bureau commence au monastère, lorsque le moine Jérôme de Stridon ou Saint Jérôme a traduit l’ancien testament en latin vulgaire en l’an 400. Dans les siècles suivants, beaucoup de monastères ont fait copier le texte de Saint Jérôme – la Vulgate -, lequel est aujourd’hui encore un texte biblique de référence.

Auteur/e: Hajo Eickhoff

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