Le bureau est mort – vive le bureau !

Postes de travail partagés, clubs business, hot desking et bureau flexible sont des termes déjà bien établis dans notre vocabulaire quotidien. Les concepts à leur origine témoignent de profonds changements au sein de notre monde de travail, peu importe où nous avons notre bureau dans le monde, peu importe dans quel secteur nous travaillons. Celui qui pense qu’il s’agit d'un développement récent fait erreur. Les premières approches se sont développées et réalisées il y a plus de deux décennies avec, comme plus grande concordance, le travail dit non-territorial.
 

Du travail en équipe au bureau dit non-territorial

Comme il est souvent le cas dans notre monde fortement industrialisé, au début il y avait le pétrole. À cause de la hausse du prix du pétrole et de la raréfaction des ressources, les premières formes de télétravail s'étaient déjà formées aux États-Unis dans les années 70, telles que le bureau par satellite où l'office à domicile, afin que les employés ne soient plus autant contraints de faire la navette. Combinées aux innovations techniques qui ont révolutionné notre structure de communication depuis les années 80 et la révolutionnent toujours, elles ont posé la première pierre.

Auteur/e: Ronnie Heiner

« Troisième Place ». Pouvoir travailler dans différents lieux.

À l'hôtel, au café ou dans le train ... de plus en plus souvent, le travail de la connaissance est réalisé en dehors du cadre du bureau. Il est donc grand temps de risquer un coup d’œil au-delà du plan de travail : quels sont les lieux de travail choisis et pourquoi ceux-ci ? Comment peut-on aménager et donner aux zones de travail déjà existantes encore plus d’avantages ?
 

Pas seulement avachis sur le canapé

Le travail effectué exclusivement au bureau – c'est révolu. Autrefois, on n’était considéré comme productif que si on travaillait au bureau. Et au sein de quelques entreprises, cette pensée est toujours d’actualité. Mais un tel point de vue n'est pas conforme à notre réalité. Cela a également été observé par le duo de designers britanniques PearsonLloyd, les inventeurs du concept PARCS : « Il faut un esprit ouvert, un sens des réalités et du progrès, pour reconnaître que l'on crée de la valeur ajoutée pour l'entreprise, même en étant assis sur un canapé. » De nos jours, cette valeur ajoutée est générée dans des lieux très différents – tant dans les zones spécifiques au bureau qu'en dehors de ce dernier. La connaissance ne s’arrête pas au seuil des portes de l’entreprise, elle se trouve partout. Et par conséquent, le travail de la connaissance n'est plus attaché à un seul lieu. Les possibilités proposées par la technique et les préférences de chaque individu déterminent les lieux où l’on souhaite travailler. Un chef peut permettre ou encourager le libre choix du lieu de travail – mais il peut aussi exiger que le travail soit effectué sur place au bureau. Une chose est pourtant évidente : tout travailleur qui est assis sur un canapé n'est pas forcément considéré comme avachi et non productif, mais peut éventuellement être un collaborateur de grande valeur.

Auteur/e: Ronnie Heiner

« Creative Class » – Bienvenue dans le au monde des « nouveaux créatifs »

« Mon collègue est toujours habillé en noir » remarque Birgit à propos de son nouveau collaborateur. « Bien sûr » répond Markus, souriant, « après tout, il travaille au département des créativités. » À savoir si les stéréotypes existent à juste titre ou non – en tout cas une chose est évidente : dans le monde moderne du travail, la créativité n’est depuis bien longtemps plus un élément de description réservé à certains départements. Faire preuve d’un esprit inventif et pouvoir apporter des solutions nouvelles sont des critères exigés pour presque toutes les fonctions.
 

L'époque de l'économie de la connaissance

Il est évident que la connaissance est devenue de nos jours la matière centrale. Mais la seule connaissance statique est insuffisante. Un véritable profit n'est créé que suite à l'échange d’informations, à la transformation de la connaissance pour créer quelque chose de nouveau. C'est le devoir des créatifs. Mais qui sont-ils ? Les artistes, les designers, les experts en publicité ? Ou bien appartenons-nous tous à cette catégorie ? Chacun porte bien sûr le potentiel en lui, et en fait régulièrement usage. Mais autrefois, la créativité n'avait pas autant d’importance pour le travail comme elle en a aujourd'hui. Avant le début de l'ère de la connaissance et de l'économie de la connaissance, les processus de travail étaient avant tout très linéaires. La routine était plus importante que la créativité. Il s'agissait de pouvoir utiliser très vite et sans erreurs ce qu'on avait appris, non pas de créer quelque chose de nouveau. Ces dernières décennies, cela a changé de façon radicale.

L’invention du bureau : Les formes de bureau du 20ème siècle

Le travail au bureau, c'est rendre la mémoire humaine plus claire. Ce que les employés ne peuvent pas garder en mémoire, il faut le conserver dans des supports de données. C'est la raison d'être de la reproduction et de la conservation de l'information. Ce travail sert à ranger et à classer, à justifier et à retrouver les activités passées. En résumé – il faut rester informé, toujours. Les commandes, la correspondance, les embauches, les licenciements et les chiffres d'affaires, les bénéfices et les opérations bancaires, les bilans annuels et les perspectives, tout cela doit rester accessible et exige donc des systèmes de données systématiques et vastes. Au début du 20ème siècle, on avait inventé les classeurs, les fiches bristol, les cartes perforées, suivis des disquettes, des disques durs, des disques compacts et des mémoires flash, qui constituent le point culminant de la passion de la sauvegarde.
 

La passion d'arranger

Si les espaces sont conçus de manière réfléchie, leur ordre dépend toujours des activités et des fonctions pour lesquelles ils sont prévus. Les multiples petits bureaux au sein de l'administration industrielle sont l'exemple même de la division de travail utilisée pour la fabrication effective ainsi que pour la différentiation des activités de sauvegarde des informations qui en découlent.

Les bureaux de ce type représentent l'ordre même au bureau au début du 20ème siècle ; avec leur arsenal de différents outils, machines et médias, tels que les classeurs, les cartes perforées, le téléphone, le dictaphone et la machine à écrire, mais aussi le plan de travail et la chaise. Grâce à eux, l'administration dispose d'une structure claire. Ils permettent un travail intensif dans de petites pièces.

Auteur/e: Hajo Eickhoff

L’invention du bureau : Le bureau, un lieu affairé

Le développement du commerce, de l’artisanat et de l’apprentissage durant la Renaissance franchit une première étape dont le fondement est la technique. Lors de l’industrialisation, celle-ci atteint son expression définitive, caractérisée par des usines, des grandes villes et une vision du monde mécanique. Comme moteurs de cette progression, la rationalité et le besoin de liberté des hommes.
 

Naissance du bureau moderne : Dans la manufacture

Les manufactures sont des ateliers d’artisanat agrandis, caractérisés par la spécialisation, la division du travail et la fabrication en série. Le travail en manufacture est caractérisé par l’utilisation de machines. Cette nouvelle forme de fabrication différencie aussi le travail de bureau, puisque les domaines d'activité divers comme la planification, la correspondance et la vente y sont réunis. Puisque les processus de production rapides demandent un niveau élevé de technique et d‘organisation, ce sont tout d’abord la taille et la structure du bureau qu’il faut transformer. Si, jusque là, l’établi suffisait comme lieu de planification et de développement, les différentes activités du bureau sont à présent exercées dans un espace spécifique. Cet endroit s’appelle le bureau de manufacture, embryon du bureau moderne.
 

De la manufacture à l’industrie

Du travail de manufacture à la production en usine, le bureau connaît un essor rapide car la mécanisation et le raffinement des processus de travail accompagnent la division des activités bureautiques.
 

Créations d’entreprises

L’industrie débute avec l’introduction de la machine à vapeur, qui rend le processus de travail mécanique. Les processus industriels sont des types de fabrication rationnalisés de la fabrication en masse, internationalisant le commerce et faisant naître de nouveaux métiers, des besoins inédits et de nouvelles classes de marchandises.

Auteur/e: Hajo Eickhoff

L’invention du bureau : La vie et le travail durant le siècle des Lumières

Writing table / Bureau plat

C’est dans les bureaux (Kontore), scriptoria et chancelleries du 18ème siècle, à l’époque des Lumières, que se sont développées les idées d’un type de pièce unique qui ne sera réalisé qu’à l’ère de l’industrialisation. Certes, les pièces sont aménagées selon des fonctions bureautiques, mais ne sont pas encore dédiées spécialement au travail de bureau. Mais le bureau devient un endroit important de la créativité et sert à la rationalisation, à la création et au développement de différents types de travail.

L’époque des Lumières représente le point culminant de la science et des manufactures. Cela représente une étape entre l'artisanat et l'industrie, dans laquelle l’activité organisée et administrée augmente. L’activité du bureau ne reste pas longtemps cantonnée au commerce, mais devient une part du travail pratique et scientifique. Classer, archiver, correspondre et administrer accompagne le commerce, mais aussi la production, l’administration étatique et la formation. Cela demande, en plus du savoir-faire artisanal, la lecture et l'écriture, la pensée et le calcul logiques. Les commerces, les administrations, les usines, les écoles, et les universités s’équipent de bureaux qui s’appellent toujours des bureaux (Kontore) et chancelleries, mais se différencient en étude, chambre d’affaires et secrétariat.

L’homme éclairé croit qu’il peut se défaire des contes, des mythes et de la religion à travers l’aménagement du monde professionnel et se reposer uniquement sur la raison – par raisonnable, il entend l’action systématique et méthodique. Pour l’exercice et la maîtrise du travail de bureau, l’homme doit apprendre à se concentrer sur des processus intellectuels. Une capacité qu’il acquiert à l’école et durant l’exercice du métier.
 

Le travail comme apprentissage et devenir de l‘homme

Tout ce qui touche au siècle des Lumières devient éclairé et s’élève. Le travail est valorisé et s’oppose à l'aristocratie déterminée par la naissance. Le travail acquiert une nouvelle valeur. Si, pendant l’Antiquité, il est considéré comme une activité moindre, et durant le Moyen-âge, comme une peine et une contrainte, le siècle des Lumières voit dans le travail un moyen d’évolution de l’homme et d’émancipation du citoyen. Au 18ème siècle, elle octroie à la citoyenneté l’élévation vers une classe dominante et fait du travail un principe de formation. Etant donné que le travail est productif grâce à l’ordre et l’archivage, celui-ci profite d’une estime élevée.

Auteur/e: Hajo Eickhoff

L’invention du bureau : Table, livre et scriptorium

svair/aboutpixel.de

Des entreprises sont dirigées, des décisions politiques sont prises, des innovations scientifiques sont développées et des processus globaux sont poursuivis, à partir de bureaux. Aussi, des espaces de travail comme les cabinets médicaux et les salles de professeurs, ou des espaces comme des foyers, des avions ou des cafés se transforment en bureaux.
Mais de quelle manière le bureau est-il né ? Comment a-t-il été créé et comment s’est-il développé ?
 

Le monastère

L'origine du bureau commence au monastère, lorsque le moine Jérôme de Stridon ou Saint Jérôme a traduit l’ancien testament en latin vulgaire en l’an 400. Dans les siècles suivants, beaucoup de monastères ont fait copier le texte de Saint Jérôme – la Vulgate -, lequel est aujourd’hui encore un texte biblique de référence.

Auteur/e: Hajo Eickhoff

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