Tendances

« Troisième Place ». Pouvoir travailler dans différents lieux.

À l'hôtel, au café ou dans le train ... de plus en plus souvent, le travail de la connaissance est réalisé en dehors du cadre du bureau. Il est donc grand temps de risquer un coup d’œil au-delà du plan de travail : quels sont les lieux de travail choisis et pourquoi ceux-ci ? Comment peut-on aménager et donner aux zones de travail déjà existantes encore plus d’avantages ?
 

Pas seulement avachis sur le canapé

Le travail effectué exclusivement au bureau – c'est révolu. Autrefois, on n’était considéré comme productif que si on travaillait au bureau. Et au sein de quelques entreprises, cette pensée est toujours d’actualité. Mais un tel point de vue n'est pas conforme à notre réalité. Cela a également été observé par le duo de designers britanniques PearsonLloyd, les inventeurs du concept PARCS : « Il faut un esprit ouvert, un sens des réalités et du progrès, pour reconnaître que l'on crée de la valeur ajoutée pour l'entreprise, même en étant assis sur un canapé. » De nos jours, cette valeur ajoutée est générée dans des lieux très différents – tant dans les zones spécifiques au bureau qu'en dehors de ce dernier. La connaissance ne s’arrête pas au seuil des portes de l’entreprise, elle se trouve partout. Et par conséquent, le travail de la connaissance n'est plus attaché à un seul lieu. Les possibilités proposées par la technique et les préférences de chaque individu déterminent les lieux où l’on souhaite travailler. Un chef peut permettre ou encourager le libre choix du lieu de travail – mais il peut aussi exiger que le travail soit effectué sur place au bureau. Une chose est pourtant évidente : tout travailleur qui est assis sur un canapé n'est pas forcément considéré comme avachi et non productif, mais peut éventuellement être un collaborateur de grande valeur.


Pour savoir décompresser, il faut savoir comment s’y prendre

Sur le sujet des « préférences personnelles » : au sein de notre société, l'individualité et les décisions libres jouent un rôle primordial – ce qui parfois est plus considéré plus comme une erreur que comme une réalité. Cette décision libre n'est pas toujours vraiment libre, sinon prise au second plan comme obligation. En partie, cela vaut également pour le travail en dehors du bureau. Pour les uns, c’est essentiel de pouvoir travailler de manière créative dans un train, au café ou dans un parc. Les autres cependant considèrent le travail en dehors du bureau comme n’étant pas pratique et désagréable. Une étude réalisée par l'entreprise Gensler, concepteur et conseiller pour bureaux, révèle que 52 % des travailleurs ne peuvent jamais vraiment décompresser. Ce n'est donc pas étonnant que beaucoup d’entre eux vérifient leurs mails, passent des coups de fil et travaillent sur le portable, et cela même en dehors du bureau – et ce même pendant les vacances ! Cet état, que d'avoir toujours la tête remplie par le travail, peut avoir des conséquences négatives pour la santé et le bien-être de l’individu. Voilà pourquoi il faut être prudent et s’accorder une pause ou du temps libre.
 

« Troisième Place » comme lieu de créativité

Si l’on trouve les bonnes proportions et si l’on prend du plaisir au travail, les lieux définis comme « Troisième Place » deviennent des lieux de travail idéaux. Alors que la « Première Place » est accordée à la maison et la « Deuxième Place » au bureau, la « Troisième Place » comprend quant à elle, selon Ray Oldenburg, tous les autres lieux publics ou semi-publics : de la gare jusqu'au lobby d'un hôtel, en passant par le train et le taxi, Starbucks, la bibliothèque ou le parc. Ces lieux sont accessibles à tous et permettent de faire des rencontres en toute décontraction, ainsi que de faire tout ce que l’on souhaite, même de travailler. On pourrait même dire qu’il est possible de travailler partout – soit en chemin d'un lieu à un autre, soit dans un lieu bien choisi. Et bien, les travailleurs de nos jours sont très mobiles – en matière d'esprit comme de lieu. Leurs pensées sont en permanence occupées par leurs divers projets et devoirs à réaliser. Ou alors ils se trouvent dans l’un des quatre stades du processus permettant la créativité : découverte, design, discussion, décision. Au début vient la découverte ou l'idée. Ensuite, cette idée est conçue, révisée pour devenir parfaite. A la suite de cette étape, on entre dans le processus de discussion, pendant lequel on recherche d'autres opinions et sources d'informations pour les insérer au projet. Finalement, il faut prendre une décision, à savoir si un projet peut être réalisé et comment. Les lieux occupant la « Troisième Place » peuvent développer l’inspiration et la motivation – à chacun des quatre stades de la créativité. Il y a ainsi quelques personnes qui trouvent de meilleures idées en se promenant dans la nature, loin de l’agitation du quotidien. D'autres en revanche préfèrent l'ambiance tranquille et posée d’une bibliothèque afin d'agrandir et de rédiger leurs projets. Une rencontre informelle avec les collègues permet non seulement de se relaxer mais apporte aussi au cours des conversations de nouvelles idées et inspirations.
 

La variété de l'espace

Concernant la typologie des travailleurs (voir par ex. notre article « Une invitation à un voyage permanent ») ce sont surtout les travailleurs dits « collecteurs » (The Gatherer) et les travailleurs dits « navigants » (The Navigator) qui utilisent les lieux de la « Troisième Place ». Souvent en déplacement, ils effectuent leur travail « en cours de route ». Mais les autres travailleurs ont également besoin d'un environnement de travail encourageant leur créativité et ce de façon idéale. Il y a une vraie demande concernant différentes catégories et qualités d'espace. Selon ce qu'il y a à faire, on cherche toujours la zone la plus appropriée au bureau. Walt Disney était déjà conscient de l'importance de la variété de l'espace. Toutes les personnes attachées à la créativité pouvaient utiliser tous les différents types d’espaces : une atmosphère fantaisiste pour rêver, l’esprit particulier d'un atelier pour le travail pratique et de pièces claires et strictes pour y critiquer les projets.

Un aménagement positif de l'environnement de travail est également possible grâce à la séparation et à l’agencement de l'espace. Un milieu fonctionnel et clair permet de développer de manière plus importante la motivation qu'un ensemble de petites pièces délimitées. Si on crée une atmosphère où les collaborateurs se sentent bien, ils s’y sentent plus joyeux et plus engagés. Il n'est plus nécessaire de les envoyer dans le prochain café pour s’attendre à de bons résultats. La cloison de circulation RF de Bene fait disparaître sur le plan de l’optique les limites dans l'espace, proposant ainsi un horizon plus ouvert et flexible. Grâce à son cadre invisible entre les surfaces vitrées, la cloison créée par Johannes Scherr reflète une grande ouverture d'esprit. On a du monde autour de soi, et ce, sans pour autant se sentir gêné par le bruit. De cette manière, la cloison de circulation RF contribue à optimiser l'environnement de travail en faveur du travail de la connaissance moderne.

  

Auteur/e

Ronnie Heiner


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